Rapport saison 2022

Accompagnement des bergers et éleveurs face au loup dans le Jura vaudois et suivi local des loups Rédigé pour la DGAV par la Fondation Jean-Marc Landry Résumé: Ce rapport résume les activités de la FJML pendant la saison pastorale 2022 dans le Jura vaudois et plus précisément dans la région de la Dôle, du Marchairuz,…


Accompagnement des bergers et éleveurs face au loup dans le Jura vaudois et suivi local des loups

Rédigé pour la DGAV par la Fondation Jean-Marc Landry

Résumé:

Ce rapport résume les activités de la FJML pendant la saison pastorale 2022 dans le Jura vaudois et plus précisément dans la région de la Dôle, du Marchairuz, du Mont Tendre et dans une moindre mesure au Risoux. L’objectif du mandat était d’accompagner les bergers et les éleveurs qui doivent faire face à la présence de loups sur leurs territoires. Nous avons installé un réseau de caméras automatiques dans le but de détecter les sites de rendez-vous et à partir de leurs origines d’essayer d’identifier les principaux axes de déplacements des loups pour pouvoir informer les acteurs concernés et déterminer des emplacements pour les tirs d’effarouchement. Nous avons identifié la présence d’au moins de 7 loups de taille adulte et de 7 louveteaux. L’activité des loups débute avec le crépuscule (vers 21h) avec un pic à 2h50, ce qui peut correspondre à un retour aux sites pour nourrir les jeunes. Pour aller chasser, les loups peuvent parcourir plus de 50 km en une seule nuit. La présence de 4 loups ou plus est similaire dans les 4 zones du suivi local, mais les déprédations sur le bétail est surreprésentée au Mont Tendre avec une augmentation de 45% des attaques comparé à 2021. Il est possible que le succès de chasse soit plus élevé sur le Mont Tendre dû à différents facteurs comme la structure paysagère. Mais il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Nous avons pu démontrer que les loups n’étaient pas présents la ou les nuits précédant une attaque d’où l’impossibilité de prédire une attaque. En revanche, dans 52 % des attaques, nous avons pu détecter des loups qui allaient ou revenaient du site de chasse (de 3 à 7 individus). D’autres loups sont également présents dans le Jura vaudois : une paire à la Dôle (peut-être un couple), un couple au Mont Tendre, une meute au Risoux et au moins 3 loups dans la zone du Mont Suchet, sans compter d’autres loups « satellites ». Pour la saison 2023, il faudra s’attendre à l’installation d’autres meutes.

Le bétail le plus vulnérable à la déprédation sont les jeunes bovins de moins de 15 mois sans présence d’adultes avec une fréquence d’attaques la plus élevée vers la mi-août pour diminuer ensuite, malgré le besoin énergétique de la meute en constante augmentation. Les carcasses ne sont pas toujours totalement exploitées sans que l’on en comprenne les raisons. Peut-être que le dérangement humain est l’un des facteurs de perturbation.

Des éleveurs ont mise en place des mesures de protection volontaire des troupeaux. Il s’agit d’empêcher l’accès des loups au bétail en les enfermant la nuit ou en les mettant dans des parcs sécurisés de plusieurs hectares. Ces mesures fonctionnent bien quand elles sont correctement appliquées. D’autres ont introduit des animaux de protection (ânes, vaches, bœufs, génisses) avec leurs troupeaux de jeunes bovins. D’une manière générale, ces animaux sont peu efficaces, car ils ne restent pas avec les animaux à protéger, ils ne sont pas suffisamment mobiles face à plusieurs loups et ne présentent pas nécessairement des comportements de protection. Un couple d’éleveurs a introduit un chien de protection dans un troupeau de vaches. Même si la présence du chien sur l’exploitation complique le travail de l’exploitant, l’expérience semble concluante. Nous avons testé une nouvelle méthode de protection qui consiste à apprendre à un ou plusieurs loups d’éviter de s’attaquer à des bovins en réalisant des tirs d’effarouchement à l’aide d’un lance-fusées explosives. Les sept tirs réalisés semblent n’avoir touché que des subadultes et n’ont pas permis de modifier le comportement déprédateur des adultes (le groupe de chasse). Cette première expérience a permis de faire une série de recommandations afin d’augmenter les chances de succès de ce type de prévention. Les quatre tirs létaux réalisés en 2022 n’ont visiblement pas eu l’effet escompté. Enfin, les activités de la FJML ont concerné plus de 50 alpages au travers de nuits de surveillance, d’interventions d’urgence, d’informations sur les loups et d’écoutes.

Voici le lien de téléchargement du rapport, si vous souhaitez le lire en entier: